Une poudre orale est constituée d’un ou plusieurs principes actifs (responsables de l’activité thérapeutique) et d’un excipient (qui peut lui-même être composé de plusieurs molécules).
Principe actif :
C’est une substance chimique qui présente des radicaux ionisables : on distingue aux acides (OH, COOH…) et des radicaux basiques (NH2, NH…) ces radicaux sont ionisés, la molécule devient hydrosoluble ; à l’inverse, demeure sous forme non ionisée, elle n’est pas systématiquement si elle soluble.
Ainsi, une molécule à caractère acide faible (ampicilline, quinolones, sulfamides) se solubilisera mieux dans une eau basique où elle sera sous forme ionisée tandis que la solubilisation d’une molécule à caractère basique (colistine, néomycine, tétracyclines, macrolides) sera facilitée dans une eau acide.
Il est à noter qu’une même molécule peut porter plusieurs radicaux de caractère opposés (telle l’amoxicilline), et de ce fait être aisément solubilisée à pH acide comme à pH basique.
Le choix du sel du principe actif influence sa capacité à se solubiliser. Par exemple, la tylosine sous forme tartrate possède une très bonne solubilité comparativement à la forme phosphate de tylosine. Chez les sulfamides, le sel sodique de la sulfadimethoxine présente une solubilité supérieure à la forme acide de la molécule.
Parmi les principales difficultés de solubilisation, on retiendra les sulfamides dont la solubilisation est rendue complexe dès lors que l’eau de boisson est dure, et les tétracyclines qui, à l’inverse, nécessitent une eau acide pour être correctement utilisées.
Excipient :
Les principes actifs sont dans les préparations commerciales associés à un ou plusieurs excipients. Ceux-ci ont pour vocation de favoriser la dissolution du principe actif en améliorant notamment sa fluidité et sa mouillabilité. Ce concept a particulièrement été travaillé pour l’oxytétracycline.
Solubilité et concentration :
Certaines molécules nécessitent, pour une meilleure efficacité, d’être utilisée de manière dose-dépendante, c’est-à-dire que la dose journalière d’antibiotique doit être distribuée sur une courte période (en général 3 à 8 heures). Cela peut par exemple présenter un intérêt pour l’amoxicilline (vis-à-vis d’E. coli), les quinolones (vis-à-vis des Gram-). Ce mode d’administration implique de concentrer la dose d’antibiotique dans le bac de distribution, a fortiori dans la solution mère lors de l’utilisation d’une pompe doseuse, et peut donc être à l’origine de difficultés de solubilisation. Les quantités d’antibiotiques solubilisables dans 1 litre d’eau varient :
- D’une spécialité à l’autre, selon le choix de l’excipient et le sel de principe actif retenu.
- De la concentration en principe actif et donc de la place restante dans la formulation pour l’excipient.
- De la technologie de fabrication (micronisation…).
Il convient donc, préalablement à l’utilisation d’un antibiotique dose-dépendant de se renseigner auprès du fabricant sur l’aptitude de la présentation commerciale à se solubiliser dans l’eau à de fortes concentrations.
La solubilisation de la poudre peut dans certains cas être facilitée par l’utilisation de diluant (ou solubilisant) dans le bac ou la solution mère de la pompe doseuse. Il existe ainsi diverses solutions destinées à abaisser (acide citrique…) ou rehausser (bicarbonate de soude) le pH de l’eau et ainsi améliorer la solubilité d’une poudre orale. II convient toutefois d’utiliser avec parcimonie ces produits avec les molécules fragiles, telle l’amoxicilline, car leur pH extrême (< à 4 ou> à 12), s’il facilite la solubilité du produit, est également à l’origine d’une dégradation rapide du principe actif.
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